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Actualité et richesse du dialogue de la psychiatrie francophone avec celle des Amériques

Une porte s'entrouvre aux urgences ou dans un service de psychiatrie. On entrevoit fugitivement un homme, une femme en prise avec les tourments de la pathologie mentale. Ils se débattent ou se tiennent immobiles, leur expression est perdue ou désemparée. Pour le regard exercé d'un psychiatre qu'il soit de Californie, du Brésil ou de France, quelques secondes à peine suffisent pour concevoir la nature du trouble entrevu et assembler mentalement un cortège séméiologique et contextuel vraisemblable. Peut-on à ce titre considérer que la pathologie mentale est identique partout dans le monde ? Ou bien cela n'est-il vrai que pour ses formes extrêmes ? Faudrait-il donc œuvrer encore davantage pour des définitions et une analyse communes de la pathologie mentale en raison de son universalité ? Mais alors comment expliquer la persistance de différences notables dans les traditions psychiatriques des différents pays du monde ? Ne sont-elles que culturelles ?

Afin de concevoir la nature de la pathologie mentale, deux universaux apparemment opposés semblent encore aujourd'hui vouloir se partager les faveurs des cliniciens ou des chercheurs. Pour certains, les contraintes neurobiologiques associées aux maladies mentales sont identiques sous toutes les latitudes car elles correspondent aux contraintes liées aux modalités de fonctionnement du système nerveux central de l'espèce humaine. De même qu'une sclérose en plaque ou une insuffisance coronarienne présentent des caractéristiques identiques d'un continent à l'autre, de même, le substratum de l'angoisse, du délire, de la dépression sont-ils superposables d'un sujet à l'autre quelle que soit son origine. Tout au plus, accepte-t-on l'existence de différences d'expressivité du trouble en fonction des particularités culturelles de chaque pays, de chaque région. Pour d'autres, la construction identitaire autant que celle des réseaux neuronaux ne se conçoivent qu'au sein d'une société. L'homme, animal social, presque plus que cellulaire, met en œuvre au cours de son développement des stratégies d'intégration autant que d'individuation afin de participer et de se développer au sein de son groupe social. Les pathologies mentales sont alors comprises comme le témoignage de la faillite autant des modalités en jeu lors des processus d'individuation/intégration que de celle de l'ajustement aux difficultés environnementales passées ou contemporaines. Dans un cas, une psychiatrie universelle neurobiologique à expressivité culturelle, dans un autre, une psychiatrie psycho-développementale à engrammage neurocognitif ne pouvant être comprise que dans son contexte socio-culturel.

Lorsqu'on part à la rencontre des différentes traditions psychiatriques de notre planète, une question se pose donc. Est-il préférable d'en identifier les invariants et de cerner ce qui ferait le cœur de notre spécialité, une sorte de plus petit dénominateur commun psychopathologique, ou, au contraire, est-il plus fructueux d'être attentif et de comprendre les différences développées par chaque tradition afin de mieux concevoir la diversité et la plasticité des états mentaux ? Dans ce contexte, et à titre d'exemple, la publication récente du DSM 5 nous donne l'occasion d'une réflexion sur les difficultés à définir une classification des troubles mentaux à la fois exacte, opératoire et universelle. La lettre S du DSM – le S de statistique -, peut servir de pivot à cette réflexion. Si, comme dans la société nord-américaine, le S vise à identifier les items statistiquement différents de la norme chez les malades lorsqu'ils sont examinés par un regard quantitatif, ce même S dans les sociétés latines est davantage représentatif de la dispersion des données et comment un principe organisateur qualitatif permet d'identifier un même trouble sous deux apparences différentes. Il s'agit certes de différences importantes de point de vue, mais les cliniciens d'ici ou de là sont d'accord sur un point : la perte de fonctionnalité des individus dans un environnement donné et le besoin manifeste d'aide psychopharmacologique réunit ces deux approches.

Conscient des importants mouvements d'idées dans le champ psychiatrique, mais aussi des enjeux socio-économiques qui contraignent les pratiques de soin et de recherche, nous avons souhaité cette année élargir la réflexion sur nos référentiels et nos pratiques en mettant en présence, à propos de sujets psychiatriques communs, des acteurs du soin des maladies mentales de trois grandes traditions psychiatriques. C'est ainsi que l'Amérique du Nord, celle du Sud et la psychiatrie francophone proposeront leurs visions, priorités, pratiques, fondements et limites dans le champ du soin des pathologies mentales. Cette approche ne vise pas à parvenir à une sorte d'Espéranto psychiatrique, mais cherche à aider à mieux comprendre les équilibres qui permettent à chacune de ces traditions psychiatriques de mettre en œuvre un soin adapté et pertinent. Car il s'agit bien de cela, de parvenir à mieux comprendre le barycentre de chaque tradition, cet équilibre dynamique entre invariants et particularismes, modèles de référence et contraintes socioéconomiques et réglementaires, dogmes et pratiques. Pour ce faire, nous accueillerons cette année des collègues des États-Unis d'Amérique et du Canada, du Brésil, de Suisse, d'Algérie, du Liban et du Maroc toujours dans cet esprit de dialogue et de partage des pratiques qui caractérise notre réunion annuelle, La psychiatrie dans tous ses états.

À l'issue des communications, un temps de discussion sera toujours proposé afin de permettre d'échanger avec les intervenants, de faire part de son expérience. Des moments informels aux périodes de pause et de repas permettront aussi de poursuivre de façon conviviale cette 12e édition de notre Congrès.

Bon congrès à tous et merci de votre fidélité.

Pr Charles Siegfried Peretti

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